Journal de bord J2

J’ai une fascination pour l’eau.

Je pense que cela vient du fait que c’est l’élément que je préfère, c’est pour cela que j’y ai passé les 12 premières années de ma vie.

Ma mère m’a mis aux bébés nageur à 3 mois. A 2 ans je sautais en pleine mer comme si c’était normal, et je restais le plus longtemps possible sous l’eau.

Mon désir de faire de la photo dans l’eau vient de ce temps-là je suppose.

J’aime le silence de l’eau.

A 4 ans je faisais semblant de me noyer à la piscine municipale le mercredi après-midi, pour qu’une maman me repêche et me donne un goûter. La honte de ma mère, oui je sais ce n’était pas cool.

Bref, l’eau c’est mon élément, elle me fascine autant qu’elle me fait peur. Car je la respecte comme une déesse, et je sais de quoi elle est capable.

L’eau porte, sculpte, transporte, véhicule, s’adapte, s’infiltre, n’a ni odeur ni goût. Elle détruis, s’évapore, se transforme, hydrate, nourris, apaise, et elle nous est absolument indispensable pour vivre.

Notre propre corps est constitué pour la plus grande majorité d’eau.

De même pour notre planète.

Notre temps sous l’eau est limité.

Et ce qui est marrant c’est que pour aller au fond de l’eau il faut vider ses poumons.

Ressentir son coeur, et tout son corps dans un laps de temps très court, et défini à l’avance.

Lors de mon dernier shooting j’ai voulu travailler sur les bulles au fond de la piscine.

Melanie (mel_art_contorsion), vide ses poumons pour rester au fond de l’eau.

C’est bulles toutes jolies qui remontent à la surface, c’est un peu de vie. De sa vie.

Et avec la situation que nous vivons aujourd’hui je me dis que notre souffle est dangereux pour autrui.

Qu’il faut le masquer pour se protéger, et protéger les autres.

Dans l’eau tout est contenue, dans l’air c’est le contraire.

C’était ma petite pensée du jour.

Je vous attends après le confinement pour faire de la photo dans l’eau.

Ludi